D'où vient la douleur au genou quand on court?
L'endroit où vous avez mal oriente vers trois causes fréquentes. Seul un médecin ou un kiné peut poser le diagnostic.
| Où vous avez mal | Cause fréquente chez le coureur |
|---|---|
| À l'avant, autour ou derrière la rotule, d'abord en descente, puis dans les escaliers | Le syndrome fémoro-patellaire, souvent appelé « genou du coureur » |
| Juste sous la rotule | Une tendinopathie du tendon rotulien |
| Sur le côté extérieur du genou | Le syndrome de l'essuie-glace |
Sur l'ensemble des blessures de course, le genou en concentre environ une sur quatre.
Nous constatons qu'au premier appel, une phrase revient souvent: « je cours beaucoup, mais je me blesse tout le temps ».
Erreur 1: allonger une sortie d'un coup?
C'est l'erreur la mieux étudiée. Le risque de blessure augmente de plus de moitié dès qu'une sortie dépasse de plus de 10 % la plus longue du mois précédent, et il fait plus que doubler quand on va au-delà du double. Une semaine un peu plus chargée que la précédente pèse beaucoup moins que cette sortie-là.
Le repère utile est donc simple: comparez la sortie du jour à la plus longue de votre mois, et allongez par petites étapes.
Nous constatons que la gêne arrive souvent au moment où les sorties augmentent.
Erreur 2: remettre le renforcement à plus tard?
Le renforcement est le traitement de référence de la douleur à l'avant du genou. Les recommandations internationales mettent en tête les exercices pour l'arrière de la hanche et pour l'avant de la cuisse, faits ensemble.
Une précision: une hanche faible n'est pas la cause de cette douleur, mais la renforcer aide à la faire passer. Six exercices à faire chez soi sont décrits dans notre article sur le renforcement du coureur.
Nous constatons que le renforcement passe souvent après les sorties, tant que rien ne fait mal.
Erreur 3: courir sur la douleur en attendant qu'elle passe?
La règle de l'Assurance maladie est simple: on commence doucement, on augmente par paliers, et on arrête l'exercice quand il fait mal. Pour le genou du coureur, la course s'arrête le temps que la douleur passe; le vélo ou la natation gardent la forme, et le renforcement commence.
Nous constatons que l'historique des blessures prend souvent du temps au premier appel: « j'ai un problème au genou, ça me bloque, je ne peux plus faire ça ».
Erreur 4: reprendre au niveau où l'on s'était arrêté?
Avoir déjà été blessé est l'un des facteurs de risque les plus nets chez le coureur. Après une pause, la reprise repart de ce que le genou supporte aujourd'hui, par paliers, avec des jours de récupération entre les sorties, et non de ce que vous couriez avant.
Nous constatons le même cycle chez beaucoup de coureurs: on lève le pied, on attend, on recommence au même niveau, et la même gêne revient quelques semaines plus tard.
Erreur 5: tout attendre de la chaussure?
Aucun type de chaussure, amortie, minimaliste ou de stabilité, n'a prouvé qu'il évite les blessures, et choisir sa chaussure selon la forme de son pied non plus. Les spécialistes restent prudents: les études sur le sujet sont fragiles.
Les semelles orthopédiques sont une autre question: elles peuvent réduire, à court terme, une douleur à l'avant du genou déjà installée, sur avis d'un professionnel.
Quand consulter? Voyez votre médecin dans les jours qui viennent si la douleur ne disparaît pas au bout de 3 jours d'automédication, si elle s'aggrave, si le genou gonfle, se déforme, se bloque ou se dérobe; dans la journée si la douleur est très intense, avec de la fièvre, ou si le genou est très gros, rouge et chaud. Appelez le 15 ou le 112 après un traumatisme grave, ou si vous ne pouvez plus poser le pied. Le coach travaille ensuite dans le cadre fixé par le médecin ou le kiné.
